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heures après notre occupation; elle a brûlé pendant lajournée du 14 et la nuit du 14 au 15; puis à midi, pen-dant que les canons de la flotte grondaient, que le feude nos batteries se croisait avec celui de la place, nousavons entendu, au milieu de la fusillade, une énormeexplosion; à cent mètres de nous, une gerbe immensede fumée, de pierres, de poussière s’élevait majestueu-sement dans l’air : c’était la tour qui sautait. L’explosions’est faite presque verticalement, de telle sorte que nousn’avons eu qu’un seul homme atteint légèrement parune pierre. Tu ne peux te faire une idée de la magnifi-cence du spectacle; de ma vie, je n’ai rien vu de plusgrandiose.
Les Russes étaient bien installés à Bomarsund ; ilsavaient des casernes magnifiques, un matériel et desapprovisionnements immenses, plus de deux cents piècesde canon. On ne comprend pas qu’ils ne se soient pasmieux défendus.
Ce que j’ai vu de plus curieux, c’est la chapelle,décorée avec un luxe remarquable. On a fait deux lotsde tous les objets de quelque valeur, et nous avons par-tagé avec nos bons amis les Anglais . Je crois que l’in-tention du général Baraguey-d’Hilliers est d’offrir notrePart à la chapelle de l’école de Saint-Cyr , qui vient d’êtrerestaurée. Je te rapporterai deux ou trois petits tableauxsans valeur, mais qui ont un certain cachet d’origi-
aalité.
Je ne sais ce que peuvent dire les journaux de notreParfaite entente avec les Anglais ; ce que je puis t’affir-