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ou trois lieues dans l’ouest de l’île; cela pour occuperun peu nos hommes qui, comme nous, commencent às’ennuyer. Le sol est accidenté ; il y a beaucoup deroches escarpées et de précipices, et aussi de nombreuxlacs bordés de hauts sapins, ce qui forme d’assez jolispoints de vue. Le pays est pauvre. Les habitants ontpourtant une certaine aisance; ils possèdent quelquesvaches, quelques moutons; tous ont deux ou trois che-vaux, une ou deux voitures. Les chevaux, de petite taille,sont excellents. Attelés à de légers cabriolets, ils courentà toute vitesse, en dépit des pentes raides et du terrainrocheux.
Les habitants souffrent plus ou moins de la guerreet de notre présence ; cependant ils nous font bonvisage. Les Russes ont brûlé tous les villages qui entou-raient la place : pour se défendre comme ils l’ont fait,ce n’était pas la peine de causer tant de désolation !
La dernière note de M. de Nesselrode porte à croireque l’empereur Nicolas est assez embarrassé, et qu’ildésire entrer en arrangement.
Les affaires vont bien mal en Espagne . Ce malheu-reux pays est sur une pente fatale. Espartero sembleavoir adopté le rôle de Lafavette dans notre premièreRévolution ; triste rôle ! Il n’aura certainement pas laforce d’arrêter le torrent.
J’ai oublié de te dire que j’avais rencontré ici M. deSaint-Phale, le marin; c’est lui qui m’a débarqué. Jepense que c’est le frère de celui qui a été mangé par lessauvages. MM. les marins ne sont pas très enchantés do