272 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
leur campagne ; ils n’ont rien fait de bon, et réellementils auraient pu agir. D’abord, il leur était extrêmementfacile de prendre Bomarsund sans le concours d’uncorps expéditionnaire de dix mille hommes. Les marinsfrançais rejettent la faute sur l’amiral Napier ; je ne saisce que disent les Anglais .
Le général Baraguey-d’Hilliers a profité de ses loisirspour aller faire une promenade sur les côtes de Fin-lande .
24 août. — Hier, je suis monté à cheval avec monlieutenant-colonel, et nous avons fait une longue etintéressante tournée. Ce pays n’est pas aussi misérableque voudraient le faire croire bien des gens qui ne sesoucient pas d’y rester. Le sol est granitique, et des col-lines rocheuses où poussent des sapins en occupent laplus grande partie ; mais il y a aussi de jolies valléestrès bien cultivées, des lacs poissonneux bordés de belleset fraîches prairies, dans lesquelles paissent de nom-breux troupeaux. Les petits chevaux abondent; chaquepaysan a son cabriolet, son chariot, son tombereau ; cesgens-là sont mieux vêtus que nos paysans de France .L’intérieur de leurs maisons de bois est d’une rare pro-preté, très bien chauffé par d’excellents calorifères ; enun mot, si le numéraire est rare ici, on y possède enabondance tout ce qui est nécessaire à l’existence.
J’ai vu là ce que l’on ne voit peut-être jamais dans noscontrées : des paysans se rendant à leurs champs, pourlabourer, dans un excellent cabriolet. Arrivés sur leslieux, ils détellent leurs petits chevaux, les mettent à la