274 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
avaient été envoyées, avec un interprète et.un agent del’administration, pour acheter des bestiaux; nous avonsdonc trouvé une certaine quantité de bêtes réunies, etl’on en promet beaucoup pour les jours suivants. C’estchose fort heureuse, car les hommes sont bien fatiguésde la viande salée. Jusqu’à présent, j’ai été plus heu-reux que les autres ; j’ai toujours trouvé moyen de don-ner à mon monde une certaine quantité de viandefraîche, achetée au compte des ordinaires.
A Godbie, nous avons été reçus par un jeune méde-cin finlandais parfaitement installé : salon, chambres àcoucher, salle à manger; son appartement est complet,très confortablement et même élégamment meublé ;des lithographies reproduisant les principaux sujets dutableau de la Smala, des Vénus plus ou moins décol-letées, d’excellents fauteuils, des causeuses, tout, en unmot, rappelle un de nos intérieurs aisés. A trois heures,on nous a offert un très bon dîner, bien servi : un beaubrochet, des œufs brouillés aux fines herbes, du veaufroid, des langues fumées, des espèces de crêpes avecdes confitures de framboise. Ajoute à cela un fort beausei’vice de table, du linge damassé, bonne figure d’hôte,et tu comprendras que c’était une véritable jouissancepour des gens qui, depuis des semaines, sont malinstallés.
Nos sympathies pour cette excellente population aug-mentent chaque jour; mais il est vrai de dire que notreantipathie pour nos chers alliés augmente en propor-tion. Pour peu que la campagne dure encore, nous