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l’homme; elle est par trop supérieure à sa puissance deproduction.
J’ai passé une partie de la nuit sur le pont, à contem-pler ce spectacle ; à la lueur de l’incendie, on distinguaitles forts avancés; à chaque instant les détonations desbombes, des obus, lançaient vers le ciel de nouvellesgerbes de feu et ravivaient l’incendie; aujourd’hui, toutcela brûle encore et brûlera peut-être pendant quinzejours, car il est impossible d’imaginer la quantitéd’huile, de farine, de vêtements, de matériel accumuléedans cet immense bâtiment.
L’embarquement s’achève aujourd’hui, et nous irons,ce soir, à Ledsund, pour nous mettre définitivementen route demain. .Nous avons assez de charbon et d’eaupour plus d’un mois, le vent est favorable, la mer estbelle : nous pouvons être à Cherbourg dans douze ouquinze jours.
Oh! chère amie, que d’actions de grâces à la Provi-dence qui me ramène vers toi, qui abrège cette cam-pagne qui avait semblé devoir être longue et périlleuse!Parmi les quelques objets que je te rapporte, se trouventtrois lampes que j’ai ramassées dans la chapelle de Bo-ruarsund, la veille de sa destruction ; nous ferons purifierces objets, et ils nous serviront à orner la chapelle de laVierge, à Germigny (1). Cette idée m’est venue au mo-ment même où tu pensais à lui faire élever un autel.