362 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
trouvé plusieurs de nos prisonniers qu’il avait rame-nés, la panique avait été telle, sur ce point, queles Autrichiens y avaient abandonné plus de milleblessés des leurs, dont treize officiers et le prince deWindin-Graëtz, qui est mort dans la nuit.
La route était encombrée de voitures et de caissonsversés dans l’empressement de la fuite. Rien donc n’em-pêchait le maréchal Niel d’aller coucher à Giudizzolo,point qui lui avait été assigné par l’Empereur. En résumé,c’est le seul qui, pendant cette bataille, n’ait pointatteint son objectif!
12 juillet.
.Le départ de l’Empereur est ajourné ; cette dé-termination a été prise à la suite de l’entrevue des deuxsouverains à Villafranca. Elle est interprétée d’une ma-nière toute différente par les uns et les autres. Les plusbelliqueux prétendent que Leurs Majestés n’ont pu s’en-tendre, et que la reprise des hostilités est imminente.Les gens raisonnables, qui réfléchissent, disent que,l’armistice étant conclu jusqu’au 15 août, il est impos-sible que les hostilités reprennent avant cette époque...
J’en étais là de ma lettre lorsque j’ai reçu la visite deNoguès arrivant de Yallegio, c’est-à-dire du quartierimpérial. La paix est faite ou à peu près. Hier, aprèsl’entrevue, les deux empereurs sont montés à chevalensemble. Ils ont passé la revue de l’escadron de lan-ciers autrichiens, des guides français et des cent-gardes