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Tome premier.
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394 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

à Damas ; tous auraient péri peut-être sans la généreuse inter-vention de notre ancien ennemi Àbd-el-Kader .

A ces nouvelles, Joseph Karam reparut avec ses partisans, sefit reconnaître comme chef par tous les chrétiens du Liban etmenaça de s’emparer de Tripoli au cas où les Turcs feraient lemoindre mouvement offensif vers les montagnes. Une si fermecontenance et les protestations de l’Europe indignée arrêtèrentenfin l’effusion du sang. Mais ce n’était pas assez; il fallait unerépression des crimes accomplis et une garantie de sécuritépour l’avenir.

Napoléon III provoqua une entente entre les grandes puis-sances de l’Eui’ope, l’Angleterre, l’Autriche, la France , laPrusse, la Russie, la Turquie , et, d’accord avec elles, il envoyaen Syrie une petite armée française sous les ordres du généralde Beaufort d’Hautpoul. La désignation de cet officier sem-blait heureuse. Beaufort d’Hautpoul connaissait bien la Syrie .Il y avait fait la guerre avec succès, vingt-cinq ans plus tôt, àcôté d’un Français devenu musulman, Soliman-Pacha , quidirigeait alors les troupes égyptiennes; il possédait donc l’ex-périence du pays et des hommes. Cette fois, sa mission étaitu d’aider les troupes du Sultan à venger /’humanité indigne-ment outragée , » . L’humanité, grand souci pour les troupesturques, en vérité ! Si l’on se rappelle que leur conduite avaitété d’encourager les meurtres plutôt que de les prévenir, onsentira tout ce qu’il y avait d’ironie cachée sous cette formuleofficielle.

En même temps que l’action militaire, une action diploma-tique devait être exercée. Une conférence formée par lesreprésentants des grandes puissances européennes et présidéepar Fuad-Pacha , commissaire extraordinaire de la Porte otto-mane, allait se réunir à Beyrouth , à l’effet :

1“ D’établir les responsabilités et de punir les coupables;

2° De régler les indemnités ;

3" De statuer sur l’organisation politique qu’il convenait dedonner au Liban .