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Des deux grandes puissances particulièrement intéresséesdans la question, la France et l’Angleterre, la première allaitêtre représentée par M. Béclard, consul général à Alexandrie .Le commissaire de la seconde fut lord Dufferin.
Nos troupes débarquèrent à Beyrouth le 16 août. Ellesfurent frappées dès l’abord par la vue de toutes les misèresqui s’étaient réfugiées là. Une foule de malheureux sans abricampaient au milieu des rues. Les hommes, écrasés par decruelles épreuves, reprirent un peu d’espoir en voyant nossoldats. Mais les femmes, infiniment plus nombreuses, la plu-part veuves ou orphelines, ne savaient que pleurer en faisantle signe de la croix.
A quoi allait aboutir l’occupation française dont la duréeétait fixée à six mois? Il fut visible tout de suite que la Tur-quie , clandestinement soutenue par l’Angleterre, aurait recoursà ses atermoiements ordinaires pour user les volontés et retar-der toute conclusion. Fuad-Pacha , moitié pour obéir à lapression de l’Europe , moitié pour ne pas se trouver en contactavec nos représentants, était parti pour Damas . Quelquesindividus, manifestement instigateurs et auteurs des massa-cres, avaient été exécutés par ses ordres; d’autres avaient étécondamnés à la déportation. Mais le commissaire ottoman nese pressait pas de revenir conférer avec le général de Beaufort,qui lui dépêcha le colonel Ghanzy avec mission d’accélérer sonretour. Peu après, M. Scheffer, interprète de l’Empereur, par-tait également pour Damas, afin de porter à Abd-el-Kader lesinsignes de grand-croix de la Légion d’honneur, juste récom-pense de la protection efficace que l’émir avait accordée noble-ment aux chrétiens. Notons en passant que M. ÉdouardLoekroy accompagnait, en qualité de dessinateur, la petiteescorte de M. Scheffer..
C’est à cette époque, vers le milieu de septembre, que dé-barqua à Beyrouth le général Ducrot, envoyé pour seconder legénéral de Beaufort récemment nommé divisionnaire. Le géné-r al de Beaufort était alors, comme on verra plus loin, en