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La lettre suivante, écrite par une dame parente de. JosephKaram, dépeint d’une heureuse façon la physionomie des évé-nements qui se déroulaient alors à Beyrouth :
Mon bien-aimé D...,
Viens, cher frère, viens, accours! Viens à la ren-contre du noble héros libanais , car tu es le seul Maro-nite heureux, et il n’en est pas ainsi des habitants de lamontagne; car, bien que leur unique sauveur échappeenfin aux dangers qui l’environnaient, ils ne regrettentPas moins amèrement qu’il s’éloigne d’eux.
Une voix se fait entendre dans toute la Syrie . LeLiban pleure son chef glorieux et ne veut pas être con-solé de son absence. Les sanglots étouffent même ceuxqui comprennent la nécessité de cet éloignement; déjàle vide se fait sentir autour de nous, car l’âme de lamontagne va sortir de son sein : les prisonniers auraientv oulu rester éternellement dans les cachots et sur lesgalères des Turcs, plutôt que de devoir leur amnistie audépart de leur chef adoré. Gomment ne pas éprouverüne vive peine, en pensant à la douleur des soldats deLaram, qui ont si vaillamment combattu près de lui,qui ont supporté tant de fatigues, tant de misères, etqui ne verront son triomphe que de loin !
Quant à nous, malheureuses femmes, qui avons par-tagé vos peines, nous n’aurons la joie que de contem-pler un instant ce héros, notre unique consolation, car