Band 
Tome second.
Seite
100
JPEG-Download
 

100 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

Plus que jamais les intérêts personnels dominent tout.La nomination de Wimpffen en est une preuve écla-tante ! Il a passé quelques années dans ce pays, il estvrai; mais, comme officier de troupes, capitaine ouchef de bataillon des tirailleurs algériens, il est restecomplètement étranger à l’administration, à l’organisa-

tion du pays ; il ne connaît pas une tribu, pas un chefindigène ; s’il a quelques idées, ce sont des idéesfausses, telles qu’en ont tous ceux qui n’ont vu le schoses que très superficiellement. Il arrive dans descirconstances extrêmement difficiles, et, en lui concé-dant une intelligence hors ligne et une aptitude touteparticulière au travail, il lui faudra des mois et desannées pour se mettre au courant de la situation. E 11attendant, il sera livré, pieds et poings liés, à la discr e 'tion de son directeur des affaires arabes. C’est I epremier exemple d’un général arrivant d’emblée a ucommandement d’une province algérienne, sans avoUcommandé une subdivision, ni même un cercle.

Le général Ducrot n’avait cessé de s’intéresser aux affa* ieSd’Algérie, lors même qu’il en était éloigné. Frappé du manÇ[ aede suite apporté depuis longtemps dans le gouvernement^la colonie, de la légèreté avec laquelle on avait souvent adop-tes mesures les plus graves, de la médiocrité des résultatsl’on avait obtenus jusqu’alors, il avait formulé ses idées [ >eisonnelles sur cette question dans un travail qu’il soumitmois de juin 1864 à l’Empereur, dans une audience parti 6 ’ 11licre. L’Empereur l’écouta avec intérêt, garda le travail P°