160 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
avoir un major et un chef de bataillon au dépôt ; si lemajor estle plus ancien, la chose peut aller; mais, dansle cas contraire, il y a des tiraillements continuels.Je pourrais formüler une foule d’autres critiquesde détail ; cela serait trop long. Une chose certaine,c’est que ce système va produire un très grand mécon-tentement dans l’armée, où il y a déjà un profonddécouragement et une extrême défiance !
.En réfléchissant bien à cette nouvelle organisa-tion de l’infanterie, j’y trouve les éléments d’une excel-lente formation pour passer du pied de paix au pied deguerre, mais à la condition de combiner les élémentsautrement que ne l’indique le projet du ministre. Commeje te le disais, ce projet ne présente pas assez d’élasti-cité pour encadrer toute l’infanterie qui serait appeléeen cas de guerre; de plus, la formation de nouvellescompagnies au moment du danger ne procurerait aucunehomogénéité, épuiserait toutes les ressources desanciens cadres et affaiblirait tout l’ensemble. Yoici macombinaison, qui, je le crois, n’aurait pas ces gravesinconvénients :
Pour passer du pied de paix au pied de guerre, ondédoublerait les deux bataillons actifs; chaque demi'bataillon, complété par une compagnie du dépôt, fofmerait un bataillon à cinq compagnies, dont une d’élite ;soit huit pelotons de bataille et deux pelotons de tirail-leurs ou flanqueurs. On aurait ainsi quatre bataillonsde 800 à 1,000 hommes, et, afin de ne pas affaiblir l aproportion des cadres, on pourrait ajouter un sous*