186 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
redoutent l’ambition de la Prusse, et, pour lui résister,ne comptent point sur l’Autriche qui est épuisée, qui n’apu ou n’a pas voulu les soutenir lors de la lutte del’année dernière...
Hier, je lisais dans un journal de Francfort unephrase qui m’a fait monter le rouge au front : « LaFrance a peur, cela saute aux yeux de tous ceux quisuivent la marche des événements . »
Et, en effet, comment l’Allemagne ne le penserait-ellepas, lorsqu’elle compare l’attitude ferme et assurée dugouvernement prussien à nos hésitations et à nos con-tradictions, les discours du grand-duc de Bade et desChambres danoises aux discours de M. Rouher , auxcirculaires de notre diplomatie?...
Et cette revue de l’armée badoise passée demain àRastadt par le roi Guillaume, n’est-ce pas encore uneprovocation à notre adresse?
Tous ceux qui ont le sentiment de la dignité de notreFrance le comprennent ainsi.
Vous voyez que je vous parle avec toute franchise. ••Pardonnez-le-moi... Mais mon cœur déborde... Je voisnotre pays si menacé dans sa grandeur et sa sécurité»le prestige du gouvernement de l’Empereur si fortementébranlé, qu’en vérité il y aurait lâcheté à garder I esilence'.
Croyez, mon cher général, à l’expression de mes sen*timents les plus dévoués