206 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
« Quant à la manœuvre aussi sage que hardie parlaquelle Dumouriez réussit, en partant de Sedan , àmasquer le corps de Clerfayt qui occupait Stenay pourprévenir les Autrichiens au défilé de Grand-Pré...»,opération que le capitaine Y... appelle « un coup devigueur et d’audace justement admiré par tous les his-toriens », là encore je ne suis pas de son avis ; je par-tage plutôt l’opinion de Gouvion-Saint-Cyr et du minis-tre Servan, qui considéraient cette marche de flanccomme une chose insensée.
Non, non, il ne faut pas citer cette campagne commeun modèle de stratégie et de tactique ; ce général a étéplus heureux qu’habile, et son plus grand mérite,c’est de n’avoir pas perdu courage dans un moment outout le monde considérait la partie comme désespérée..-
Le capitaine V... dit encore quelque part : « Hocheentreprit tout d’abord de déboucher de la Lorraine enAlsace par les défilés de Pirmasens et de Kaiserslautern ;mais ces passages étaient au pouvoir des alliés ; il résolutalors de déboucher par la route dont la petite place deBitche lui assurait le débouché. (Bitche ne commandeaucun débouché ; on passe aussi bien et même mieuxpar les cols de Lemberg, de Puberg , Rosteig, Meisen-thal, Goetzenbruck .) Le plan était moins avantageux, euce sens qu’il amenait les républicains sur le flanc del’armée ennemie et non point sur ses derrières, et qu esa réussite ne délivrait qu’une partie de l’Alsace... »
Quelle erreur ! le plan était le seul rationnel, puis'qu’il permettait d’opérer la jonction des armées de l a