232 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
réunion momentanée à la France n’a-t-elle pas laisséparmi nous des traces impérissables? C’est à elle quenous devons notre émancipation morale et matérielle.C’est de la Révolution française que datent notre organi-sation sociale, notre prospérité commerciale, notre codecivil, en un mot, tous les bienfaits qui ont fait de nousune société libre et florissante. Notre plus cher désir atoujours été de rentrer dans le sein de la grande nationfrançaise, par les voies pacifiques. Depuis 1830, nousl’avons espéré plusieurs fois, mais jamais nous ne nousen sommes trouvés aussi près qu’en 1866 . A ce moment,si les populations avaient été appelées à disposer d’elles-mêmes et à se prononcer par la voie du suffrage uni-versel, le mouvement en faveur de la France eût étéunanime : il n’y aurait pas eu 1 pour 100 d’opposants !Depuis, les choses se sont un peu modifiées, les décep-tions ont été cruelles pendant ces deux dernières an-nées; le parti prussien en a profité, et aujourd’hui 1’°°peut, sans exagération, l’évaluer à 40 ou 50 pour 100 dela population. Mais pourquoi? Parce que partout, i cl ’comme en Allemagne, comme en France , on répètesans cesse : « II n’y a plus rien à espérer de l’empereu 1Napoléon; il n’a pas su profiter de l’occasion; aujour-d’hui il est trop vieux pour oser tenter quelque chosede grand, il n’aspire qu’au repos ; comme Louis-P^ 11 'lippe dans ses dernières années, il veut avant toutassurer sa dynastie, et il espère atteindre ce but envivant en bonne intelligence avec tous les souverain 5de l’Europe . Napoléon nous abandonne, il n’y a P^ uS