270 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
me suis attaché à rendre scrupuleusement ses penséeset ses appréciations sans commentaires ni amplifica-tions.
Vous me dites dans votre dernière lettre que vousavez bien peur que M. de Dalwick ne se laisse quelq uepeu emporter par sa haine contre la Prusse. Non, necroyez pas cela : le baron de Dalwick est un homme d esoixante-six ans ; il a un jugement trop sûr, une tropgrande expérience des hommes et des choses pour selaisser aveugler par la passion ; mais il a des yeux pourvoir, des oreilles pour entendre et tout le bon sens né'cessaire pour tirer de justes conclusions de ce qu’il voitet de ce qu’il entend. Il a aussi assez de caractère pourne pas se laisser aveugler par la peur, cette détestabl econseillère qui a fait et fera faire encore tant de sottises-
Tout ce que j’ai vu et entendu moi-même corroboï esi bien les appréciations de M. de Dalwick que je ° esaurais mettre en doute l’exactitude de ses renseigu e "ments et la justesse de ses vues.
Je viens de voir, il y a quelques instants, Mmecomtesse de Pourtalès qui arrive de Berlin ; jusqu’à p re 'sent je l’avais trouvée d’un optimisme qui m’indigna^ -
Prussienne p>ar son mari, elle était en admirati 0 * 1perpétuelle devant tous les actes de Bismarck, du r otGuillaume, prétendait que rien ne pouvait motiver un eguerre entre la Prusse et la France , que nous étiou 5faits pour nous entendre; bref, son langage étaitvariante poétique des discours Rouher et des circulai !'® 5La Valette.