282 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
gouvernement subira fatalement le contre-coup de cettefâcheuse situation. Rappelez-vous quels mauvais effetsproduisit l’affaire Pritchard sous le gouvernement duroi Louis-Philippe ; il ne s’en est jamais relevé, et peut-être faut-il attribuer sa chute principalement à cettecause.
« Ainsi voyez combien est belle votre situation :vous êtes assurés d’une part de la neutralité bienveil-lante de la Russie, du concours effectif de l’Autriche ,du concours probable de la Hollande, du Danemark ,de la Suède, qui ont tout à craindre de la Prusse .
« L’Italie ne sera pas assez ingrate ou sera trop bou-leversée pour pouvoir s’entendre avec la Prusse .
« Le Wurtemberg et la Ravière prendront certaine-ment une attitude expectante et attendront que l eSaffaires se dessinent pour agir dans un sens ou dansl’autre. Le roi de Saxe voudra observer honnêtementles traités... mais sera-t-il suivi de son peuple et del’armée?
« L’Angleterre est favorable à l’empereur Napoléon •Gladstone est son ami personnel ; de ce côté-là encore,vous n’avez rien à craindre, si l’on a soin de donnerdes garanties à l’Angleterre au sujet de la Belgique .
« Jamais peut-être, à aucune époque, la situation de l aFrance n’a été aussi belle; avec un peu d’habileté et defermeté, elle peut reconstituer à son profit, contre k*Prusse, la coalition de l’Europe qui s’était form eecontre vous en 1814 et 1815.
« Les occasions de faire la guerre peuvent se p ie