304 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
est que nous ne pouvons nous résigner à accepter fran-chement la situation que nous nous sommes faite parles fautes énormes commises en 1866, et que nous nepouvons non plus nous décider à la guerre.
Nous y rêvons sans cesse, nous nous y préparonsd’une façon continue avec redoublement d’activitéintermittent; puis, au dernier moment, le cœur nousmanque toujours, et, après un pas fait en avant, nousen faisons deux en arrière. II est évident que la pai*repose sur des bases trop peu solides pour être durable-La Prusse peut ajourner ses projets sur l’Allemagne duSud, sur la Lorraine et sur l’Alsace, mais n’y renoncerajamais ; l’Autriche n’a nullement accepté le statu q u °comme situation définitive; elle nourrit toujours l'espoirde prendre sa revanche de Sadowa et de recouvrer sonrôle de grande puissance allemande ; en conséquence»elle poursuit, avec une grande activité et au p rl *d’énormes sacrifices, la réorganisation de ses forc eSmilitaires. M. de Y..., notre attaché militaire à l’ 111 »'bassade de Vienne , me disait dernièrement : # P° url’Autriche , ce n’est qu’une question de temps et d 0patience : elle croit avoir intérêt à traîner les chos 0Sjusqu’en 1870, mais elle est irrévocablement décidée 3profiter de la première occasion favorable pour e» trelen action, et considère ses intérêts comme étroitem eI1 ^liés aujourd’hui à ceux de la France . »:
Dans cet état de transformation, de troubles»défiances, n’est-il pas clair qu’un incident imp révUpeut., à chaque instant, amener une crise terrible?