314 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
J’ai vu, ces jours derniers, plusieurs personnes venant fd’Allemagne , entre autres M. Rothan, notre ancien t
consul général à Francfort , aujourd’hui ministre plém- a
potentiaire à Hambourg . Ce dernier me disait : « L e r
gouvernement prussien, un instant effrayé par nos pr e 'paratifs militaires, par notre entente avec l’Autriche et s
l’Italie , par son isolement et ses difficultés intérieures, c
a repris confiance, depuis qu’il nous voit nous-mêmes ti
aux prises avec nos difficultés intérieures. Pendant q lie t
nous nous absorbons dans des discussions de prérog a ' s
tives parlementaires, de transformations de constitfl' t
tion, de compétitions ministérielles, il poursuit ave c i
une activité et une vigueur incessantes ses préparatif c
de guerre, d’absorption et d’unification allemande. En P
ce moment, la Prusse nous donne des coups de bâton t]
sur le dos de l’Autriche , et tout le monde trembl e 5
devant elle; les plus récalcitrants mêmes font aine fl Q
honorable et s’humilient, la France n’inspire plus fl* ®
crainte ni confiance. On dit en Allemagne que, si l a ^
Prusse lui crachait au visage, elle tournerait la tôt 6 1
pour s’essuyer plus à son aise. » Et comment en serait eil autrement, lorsque, de tous côtés, chez nous retentit tisur tous les tons ce cri : « La paix, la paix quand même ! ” PNe semblons-nous pas disposés à nous désintéresser *1
toutes les questions européennes, à renoncer à toute p 1-epondérance, à toute influence?... Notre armée n estelle pas sans cesse en butte aux attaques de tous l eS 4
hommes influents de tous les partis? Ne sommes-n otlS
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pas découragés nous-mêmes de la situation qui nous e