360 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
au maréchal, pour consolider les positions, de faire exé-cuter par les troupes certains ouvrages de campagne ;mais il se heurta à une opposition presque unanime desgénéraux, qui jugèrent inopportun de fatiguer les sol-dats par de tels travaux la veille d’une bataille.
Le général Ducrot estimait téméraire d’accepter labataille sur la position de Froëschwiller avec des forcesaussi disproportionnées. Selon lui, on devait battreen retraite sur Lemberg pour joindre le corps deFailly, et tenir la crête des Vosges , défiant toute attaquedans les positions formidables qu’il avait depuis long-temps étudiées, en liaison avec l’armée de l’Empereur,en situation d’agir contre les communications de l’ar-mée qui avait envahi l’Alsace , si elle continuait saroute vers Strasbourg , ou de déboucher sur le flancde l’autre masse allemande, si elle franchissait laSarre.
C’eût été la mise à exécution d’un projet qu’il avaittravaillé avec grand détail pendant son commandementde Strasbourg , projet qu’il avait soumis au ministre etau général Frossard.
Après de longues hésitations, le maréchal de MacMahon , cédant aux sollicitations des généraux Ducrotet Raoult, appuyées par le comte de Leusse, se décidale 6, vers six heures, à donner des ordres de retraite;le mouvement des convois fut même commencé. Mais,avant que l’ordre fût parvenu aux troupes, l’attaque desAllemands s’était déjà produite et la bataille s’enga-geait. Le maréchal, changeant d’avis, l’accepta sur ses