384 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Je viens d’être nommé au commandement du pre-mier corps en remplacement du maréchal de Mac Malionqui commande toute l’armée; ma tâche est lourde dansles circonstances présentes; à coup sûr, j’aurais préféréconserver le commandement direct de mon excellentedivision ; mais accepter est un devoir que je tâcherai deremplir de mon mieux.
A chaque instant, nous pouvons faire un mouvementpour nous porter soit en avant, soit sur le flanc; dansces conditions il est impossible de songer à venir mevoir; il faut remettre le bonheur à des jours meilleurs.#
J’espère que Henri aura pu vous donner des nouvellesde Guillaume et d’Antonin; ils ont eu une rude, maisgrande journée; après un combat acharné qui a duré deneuf heures du matin à sept heures du soir, l’arméedu maréchal Bazaine a, dit-on, enlevé toutes les posi-tions occupées par l’ennemi et a couché sur son champde bataille. Le lendemain, le maréchal a dû se rappro-cher de Metz pour prendre des vivres et des munitions;mais il doit se remettre en route aujourd’hui pour êtreen mesure de nous donner la main, et alors sans doutenous pourrons frapper un grand coup (1).