GUERRE DE 1870-1871.
385
A la même.
Camp de Châlons, 18 août, onze heures soir.
.Enfin j’ai une lettre de toi! Avec quel bonheur
j’ai vu ton écriture! Comme j’ai dévoré ces quelqueslignes, celles de notre chère fille ! Au milieu de toutesmes douleurs, de mes cruelles préoccupations, c’est unelueur de joie.
La situation du pays est bien grave, celle de l’arméebien critique. Dans ces conditions, je suis heureux dete savoir au milieu des enfants. Te savoir à Paris seraitpour moi un motif de plus de cruelles inquiétudes.Peste donc au milieu de ton cher troupeau, près de tesbons parents ; priez pour la France , priez pour nous!
A la même,
Camp de Châlons, 19 août.
..... Les nouvelles du maréchal Bazaine , arrivées cematin, sont bien meilleures que ne pouvait le faire espé-rer la dernière dépêche reçue hier à cinq heures du soir.
Le- maréchal est resté maître de toutes ses positionsen faisant éprouver des pertes énormes à l’ennemi; il arétabli ses communications télégraphiques un instantmterrompues par quelques coureurs ennemis, et, en
ii.
25