386 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
résumé, sa ligne de retraite paraît parfaitement assurée.Nous pouvons donc espérer faire notre jonction dansquelques jours, et alors nous aurons une armée dedeux cent cinquante à trois cent mille hommes quipourra reprendre une vigoureuse offensive (1).
Toutes les chances paraissent revenir en notre faveur,et, si la révolution n’éclate pas à Paris, la France estsauvée (2) !
Un décret impérial m’a définitivement confié le com-mandement du premier corps.
À la même.
21 août 1870.
. Nous sommes sans nouvelles du maréchal
Bazaine ; les communications sont absolument interrom-pues depuis le 18 au soir; ce silence est effrayant. Il està craindre que son armée, entourée par trois ou quatrearmées prussiennes, n’ait été refoulée dans le campretranché de Metz , et que les vivres et les munitions neleur manquent bientôt. Je ne comprends pas notre
(1) Le rapport de Bazaine sur la journée de Rezonville était parvenuà l’Empereur le 18. D’après ce rapport très inexact, le maréchal avaitremporté une grande victoire, et comptait, après s’être ravitaillé, repren-dre sa marche vers l’ouest. Ce rapport autorisait à considérer la jonctiondes deux armées comme facile et prochaine.
(2) Le général Ducrot ne pouvait prévoir la mauvaise volonté deBazaine , l’inexactitude de ses comptes rendus, la vanité de ses promesses»son parti pris de ne pas quitter Metz *