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Tome second.
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406 CORRESPONDAIS CE DU GÉNÉRAL DUCROT.

lieutenant-colonel Broyé, aide de camp du maréchal,qui me remit la lettre contenant l’ordre formel de venircamper à l’est de Sedan , entre Balan et Bazeilles.J’éprouvai là un véritable désespoir; j’entrevoyais sibien le danger qui nous menaçait que je n’obéis qu’avecrage! Nous trouvâmes la route de Givonne à Bazeilleshorriblement encombrée, et mes dernières troupes nepurent arriver qu’à onze heures du soir, par une nuittrès obscure. J’eus toutes les peines du monde à mettreun peu d’ordre dans les emplacements de bivouacs. Jene me rendais nullement compte du terrain, non plusque de la position de Sedan par rapport à nous. Trèsinquiet, je ne voulus même pas entrer dans une maison.Je passai ma nuit auprès d’un feu de bivouac du1 er zouaves. Dès quatre heures du matin, un peu avantle jour, la fusillade se faisait entendre sur notre droite,dans la direction de Bazeilles.

Je cherchai immédiatement à me rendre compte duterrain, à former mes troupes, et, le jour se faisant peuà peu, je reconnus les hauteurs qui étaient devant nous.Je compris combien il importait de les occuper et j’or-donnai à la division Lartigue de passer le ravin de laGivonne et d’aller prendre position sur les hauteurs dela Moncelle et vers les bois Chevalier. En même temps,j’établissais une partie de mon artillerie sur les hau-teurs de Givonne et faisais construire quelques épaule-ments pour la couvrir. C’est alors que, à six heures troisquarts du matin, un aide de camp du maréchal vintm’annoncer qu’il était blessé et me remettait le com-