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Tome second.
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426 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

soldats se forment chaque jour, et bientôt, je l’espère,nous serons en mesure de lutter avantageusement contrela grande armée qui nous enveloppe de toutes parts.Pour peu que la province fasse quelques efforts, queson patriotisme soit à hauteur de celui de la capitale, laFrance sera sauvée (1) !

Si je pouvais avoir de vos nouvelles, tout irait bien...Tâche donc de trouver quelque individu qui, soit pardévouement, soit pour une forte récompense, tenteraitd’entrer dans Paris et m’apporterait une lettre de tachère écriture. Avec un peu d’adresse, la chose estfacile, surtout en faisant le tour par le Nord, en partantdeïtouen par exemple, passant parPontoise et descendantensuite entre Saint-Germain et Argenteuil , entrant dansla presqu’île de Gennevilliers et passant la Seine à Bezon ou Carrière-Saint-Denis, de là vers Nanterre et enfin lerond-point de Courbevoie où sont mes avant-postes. Unouvrier, connaissant les environs de Paris , accompliraittrès facilement cette mission et sans aucun danger.

Tu sais probablement que nos lettres sont expédiéespour la province par un service de ballons régulière-ment organisé. Il est triste d’en être réduit là; mais ilfaut avoir confianee dans l’avenir : lorsque l’on voit cequi se passe à Paris , il est permis de tout espérer !

(1) Le général Ducrot, jugeant que sa présence serait plus utile enprovince pour la création et le commandement des nouvelles armées,que dans Paris où les généraux étaient nombreux, insista, dans les pre-miers jours, près du général Trocbu pour qu’il lui permit de s’échapperen ballon en même temps que M. Gambetta. Mais le gouverneur s’op-posa absolument à ce projet.