GUERRE DE 1870-1871.
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que la presse allemande , inspirée sans aucun doute parles autorités compétentes, m’accuse de m’être évadéalors que j’étais prisonnier sur parole, d’avoir manqué àl’honneur et de m’être ainsi placé hors de la loi, ce quidonnerait à l’ennemi le droit de me faire fusiller si jevenais à retomber entre ses mains.
Je me soucie peu de la menace : être fusillé par lesballes prussiennes sur un champ de bataille ou à lasortie d’une prison, le résultat sera toujours le même.Je n’en aurai pas moins la conscience d’avoir remplijusqu’au bout mes devoirs de soldat et de citoyen, et, àdéfaut d’autre héritage, je laisserai à mes enfants unemémoire honorée par tous les gens de bien, amis ouennemis. Mais ce qui me touche cruellement, c’est l’ac-cusation de félonie portée contre moi, qui n’ai pashésité un instant à repousser les clauses d’une capitula-tion qui séparait mon sort de celui de ma troupe et medonnait le triste droit de venir me réfugier à mon foyerdomestique, alors que mes frères d’armes étaient em-menés dans les prisons de l’ennemi et que mes conci-toyens se levaient en masse pour concourir à la défensedu pays. Non seulement j’ai repoussé pour mon comptepersonnel ces stipulations, mais encore j’ai expriméhautement mon mépris pour ceux qui les acceptaient,soit avec l’intention de s’y conformer, soit avec celle den’en tenir aucun compte.
Sedan à Pont-à-Mousson , quoiqu’il eût donné sa parole de se reconstituerprisonnier dans cette dernière ville. Le général Ducrot répond à cetteaccusation d’une manière catégorique dans la lettre suivante adressée auGouverneur de Paris .