434 CORRESPONDANCE Dü GÉNÉRAL DUCROT.
On peut dire aujourd’hui, sans inconvénient, de quellefaçon et avec quel secours le général Ducrot réussit à s’évaderdes mains des Allemands à Pont-à-Mousson .
Le général Ducrot et les officiers de son état-majorse promenaient sur le quai de la gare, lorsque arriva letrain qui devait les emmener ; ce train était au grandcomplet, impossible de s’y caser. Le général reprit sapromenade, en augmenta peu à peu l’étendue sans êtreremarqué, puis il entra dans le café de la gare, dontune porte de sortie, — il avait pu le constater, — don-nait sur la ville. Il traversa sans affectation ce caféalors tout rempli d’officiers des deux armées, disparutpar une porte de derrière et s’engagea résolument dansun chemin creux, isolé et bordé de haies. Il s’était con-certé avec deux de ses officiers, MM. Bossan et deGaston. Ceux-ci le suivaient séparément à quelques mi-nutes d’intervalle, et tous trois se retrouvèrent bientôtdans la maison du maire, où déjà, le matin, ils s’étaientarrêtés, et où logeait précisément un état-major alle-mand. Sans éveiller l’attention, ils montèrent directe-ment au premier étage, ouvrirent audacieusement unechambre qui était vide et qui n’était autre que celle dumaire, et y pénétrèrent en ayant soin de refermer laporte à double tour. Us eurent bientôt fait de quitterleurs uniformes, de couper leur barbe, d’endosser despantalons et des blouses de toile bleue qu’ils avaientempruntés à des paysans et qu’ils avaient roulés dans