£38 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Le général Ducrot eut la joie de retrouver là son offi-cier d’ordonnance, le capitaine Faverot de Kerbrech ettrois autres officiers , le lieutenant-colonel Minot, lecommandant de Foucault et le capitaine Varaigne, quieux aussi avaient pu réussir à tromper la vigilance del’ennemi; après avoir éprouvé une certaine difficulté àse reconnaître sous leurs déguisements, les sept fugitifsprenaient ensemble, quelques instants après, un trainqui les amenait vers onze heures du soir à Vesoul ,où ils passaient la nuit.
Le 13, à six heures du matin, ils partaient pourNevers par Chagny, d’où le général envoyait unedépêche à Mme Ducrot.
La bonne nouvelle s’était répandue rapidement dansla ville de Nevers . Aussi une foule nombreuse, les auto-rités en tête, se pressait-elle à la gare, et, au moment oùle général Ducrot descendait du train, les cris de« Vive Ducrot! vive Ducrot! » étaient-ils poussés detoutes parts ; mais lui, élevant la voix, répondit : « Non,non, mes amis, à l’heure présente, il n’y a qu’un cripossible : Vive la France ! » . Puis, après avoir embrassél’évêque, Mgr Forcade, remercié et serré les mains dupréfet et du maire, il échappa aux ovations en montanten voiture pour venir passer quelques heures dans safamille à Ghazelles. Arrivé à deux heures du matin, ilrepartait à dix heures pour Paris , où l’appelait unedépêche du général Trochu .