GUERRE DE 1870-1871.
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naître, et tira sa lettre de service qu’il avait cachéedans sa casquette. On attela alors une charrette rempliede paille sur laquelle tous les trois grimpèrent ; ils re-prirent leur route, évitèrent Nancy qui était dangereuxet arrivèrent à Senoncourtle 12, à huit heures du matin.Là ce fut le curé qui les accueillit et les aida ; il leurtailla d’énormes cannes, leur procura une deuxièmevoiture de paille au haut de laquelle ils se juchèrentencore, semblables à de braves paysans uniquementpréoccupés de vendre leurs produits, mais au fondépuisés de fatigue et dévorés d’angoisse.
A Art, ils franchirent la rivière dans un bac, tandisque la voiture passait à gué.
Un peu avant la Neuville, une femme héla M. deGaston, l’appelant le « marchand de veaux » , voulantabsolument lui en vendre un. M. de Gaston ne put sedébarrasser de l’importune qu’en lui promettant derevenir le lendemain. Puis ils reprirent leur marchevers le sud-ouest, afin de sortir du cercle occupé parl’ennemi. A Flavigny, ils renvoyèrent leur charrette etfrétèrent une petite patache qui les conduisit jusqu’àTantonville. Là, encore, ils eurent quelque peine à éta-blir leur identité, mais, les hésitations dissipées, ils furenttrès bien accueillis par M. Tourtel, le propriétaire dela brasserie, qui les fit conduire jusqu’à Ghâtel, dans unomnibus attelé de deux vigoureux postiers ; en moins dedeux heures, ils franchirent un espace de plus de trentekilomètres. A Ghâtel, ils étaient sauvés ! Les Prussiensn ’y étaient pas encore.