442 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
quelques jours, ce qui gêne un peu nos travaux et nosmouvements, mais doit gêner encore bien plus l’en-nemi.
A la même.
Porte Maillot, 6 novembre.
.Notre population parisienne vient de passer par
des émotions bien diverses..... L’envahissement del’Hotel de ville par quelques gredins, l’emprisonnementmomentané des membres du Gouvernement, leur déli-vrance par l’intervention énergique et] spontanée de lagarde nationale et de la garde mobile, les élections quiont affirmé une fois de plus la confiance de la popula-tion en notre cher gouverneur, tout cela a rempli cesderniers jours. Puis l’arrivée de M. Thiers , porteur despropositions d’armistice que l’on a pu croire hono-rables, a fait naître des espérances qui, il faut bien ledire, souriaient fort à la majorité des gardes nationaux.
Mais ces espérances se sont bien vite évanouies. Lesallées et venues de M. Thiers entre Paris et Versailles ,tous ses efforts de conciliation n’ont abouti qu’à faireressortir l’implacable résolution de nos ennemis de nousdéshonorer ou de nous ruiner, et l’incompréhensibleindifférence des grandes puissances à notre égard. Ar-mistice sans ravitaillement, élections sans la participa-tion de la Lorraine et de l’Alsace, telles sont toujoursles conditions de l’armistice consenti par la Prusse.