GUERRE DE 1870-1871.
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En présence d’un pareil ultimatum, il n’y avait pas àhésiter, et les négociations ont été brusquement rom-pues. La lutte va donc recommencer plus ardente quejamais, Dieu sait ce qui en adviendra. Si nous devonssuccomber, du moins ce ne sera pas sans quelque hon-neur et sans faire payer chèrement à l’ennemi sontriomphe.
Si l’exemple de Paris est suivi par le reste de laFrance , à coup sûr l’on viendra à bout de ces terriblesenvahisseurs; mais nous y comptons faiblement. Lesnouvelles reçues de la province sont peu favorables, ily a défaut d’entente, d’énergie ; on ne voit surgir aucunhomme capable de rallier à lui tous les gens de cœuret de bien utiliser les immenses ressources, de diriger lesforces considérables dont le pays peut encore disposer.
Ah! si seulement je pouvais te voir un instant, em-brasser mes chers enfants, quel adoucissement à mescruelles préoccupations, à l’amère douleur qui par in-stants envahit mon âme à la vue de tant d’humiliations,de tant de ruines!... Que n’ai-je au moins la consola-tion de recevoir quelquefois de vos nouvelles!... Maisr ien, rien, pas un mot depuis l’instant où je t’ai quittéeà la gare de Nevers ... Beaucoup de personnes ont étéplus heureuses et, par divers moyens, ont reçu deslettres de leur famille. Je veux espérer que quelques-unes des miennes te sont parvenues et te parviendronte ncore. Je confie celle-ci àM. Cochery, qui va rejoindreThiers à Versailles et prendra probablement aveclui le chemin de Tours ; cette voie me paraît sûre.