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La Statistique monumentale, publiée par M. Albert Lenoir,sous les auspices et aux frais du ministère de l’Instruc-tion publique, a été le point de départ de la Topographie.Lorsqu’il s’est agi, pour compléter cette oeuvre, de tracerun plan restitué du vieux Paris, on s’est aperçu que lesplans anciens, malgré le vif intérêt qu’ils présentent,n'ont, pour la plupart, aucune valeur géométrale, et queles grands édifices civils et religieux, s’y détachent seuls dumilieu des constructions bourgeoises et marchandes qui lesenserraient. Il existait donc, entre les monuments publics,les hôtels seigneuriaux et les habitations princières, degrands espaces couverts par des maisons de toute grandeuret de toute destination, désignées par de curieuses en-seignes, habitées, pour la plupart, par des gens de métieret offrant une variété infinie de construction, de décorationet d’aménagement. C’est cette immense lacune, figuréedans les plans ordinaires par des hachures, uu pointillé oudes maisonnettes uniformes, qu’un chercheur a entreprisde combler, au moyen de plans restitués, où apparaissentdistinctement toutes les parcelles bâties. Ces parcelles,dont on raconte la formation, les réunions, les démem-brements, forment, par leur juxtaposition des îlots, demaisons qui reproduisent exactement la physionomie del’ancien Paris.
Le lecteur pénètre, à la suite de l’auteur, dans les ruesqui circonscrivent ces îlots ; il en apprend les noms et lesmodifications diverses ; il se promène ainsi dans la vieilleville, frappant de porte en porte, rencontrant en cheminpalais, églises, hôtels, et allant de maison en maison jus-qu’à ce qu’il ait visité les deux côtés de la rue. Un doigtsur le plan, un doigt sur le texte, il voit dans celui-ci lecommentaire perpétuel de celui-là ; de la simple noticequi suffit à une maison de bourgeois et d’artisan, il passe àla monographie que réclame toute grande résidence, toute