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qui se sont succédé à l’Hôtel de Ville, promenée de larue Saint-Antoine au quai d’Austerlitz et à la placeLobau, elle est venue périr misérablement, avec toutesses richesses artistiques, dans l’incendie de 1871 !
Toutes ces péripéties racontées simplement, comme ilconvient à un récit de ce genre, émeuvent pourtant lelecteur : on s’attendrit sur le malheur de ces pauvreslivres : sunt lacrymœ rerum. Une ample collection dedocuments inédits, dont presque tous les originaux ontdisparu, achève de donner à cette monographie le carac-tère sévère qui appartient aux publications de cette nature,
VI. — ÉTIENNE MARCEL, PRÉVÔT DES MARCHANDS (1 356-1358J,par F.-T. Perrens, lauréat de l'Institut, inspecteur del’Académie de Paris, avec une introduction historique parL.-M. Tisserand.
Cet ouvrage, qui inaugure la série des études d’histoiremunicipale et des biographies de Prévôts, telles qu’ellessont indiquées dans le plan de la collection, est un tableaulargement conçu et fort habilement peint du gouverne-ment de la bourgeoisie parisienne après la bataille dePoitiers et pendant la captivité du roi Jean. L’auteur yindique, avec une grande liberté d’allure, l’origine et lamarche du mouvement démocratique en France, depuis erègne de Philippe-le-Bel jusqu’à celui de Charles VI. Ildétermine la part que la population parisienne y a priseet fait ressortir l’influence que le prévôt Marcel, aidépar les six Corps, soutenu par les Métiers, encouragé parde nombreuses sympathies, — au milieu de l’effarement dela noblesse et du désarroi général, — a exercée sur lesévénements, d’abord aux États-Généraux, puis pendantla durée de son Échevinage.
Cet essai de révolution _ " que et municipale, au xiv esiècle, offre au lecteur sérieux le plus vif intérêt. Il ex-