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où on les enchaîne, pour les conserver à l’usage de tous.
L’origine de chacun de ces dépôts, leurs accroissements,leurs vicissitudes, le souvenir des personnages qui lesont créés, soutenus, enrichis, jusqu’à l’époque où la Révo-lution s’en empare, pour les rendre ensuite au publicdans les grandes bibliothèques qu’elle organise, l’in-fluence qu’ils ont pu exercer, non-seulement sur lesconnaissances, mais encore sur la prospérité de Pariset le développement de ses différents quartiers, tout celaappartient bien à l’histoire parisienne. Et pour rendrela relation plus étroite encore, un plan-fleuron, empruntéà l’un des anciens plans de Paris, est placé en tête dechaque monographie, de manière à localiser l’établis-sement et à désigner le lieu où était établie la biblio-thèque.
Des fac-similé, des ex-libris, des types de reliure, despages de manuscrits rares, des vues contemporaines,reproduites avec une grande fidélité, complètent cetensemble topographique et littéraire tout à la fois.
Parmi les grandes bibliothèques de Paris, celle de laVille devait occuper une place d’honneur : fondée vers lemilieu du siècle dernier, alors que les grands dépôts demanuscrits et d’imprimés n’avaient qu’une publicité extrê-mement restreinte, ouverte libéralement aux lecteurs,'dans un quartier absolument dépourvu de ressourceslittéraires, elle prit la tête du mouvement intellectueld’alors, et fut la véritable avant-courrière des biblio-thèques publiques modernes, qui appartiennent à tousles travailleurs.
Que de vicissitudes en un siècle ! Transférée de l’hôtelLamoignon dans la maison professe des GrandsJésuites, confisquée par le Directoire au profit de l’Insti-tut, reconstituée péniblement par un homme de cœur,patronnée et enrichie parles magistrats et les conseillers