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l’état de pénurie des finances publiques n’ayant pas permisl’avance des frais d’installation, le matériel dut être vendupour désintéresser les fabricants et ouvriers qui l’avaientlivré.
Une trentaine d’années plus tard, l’ordonnance de policedu 30 septembre 1594 obligea les habitants à établir deslanternes dans chaque section de quartier. Sous l’admi-nistration du lieutenant de police La Reynie , les lanternesavec chandelles se multiplièrent, même dans les fau-bourgs, mais l’éclairage ou illumination, suivant le styledu temps, n’avait lieu que du 1 er novembre à la fin defévrier; cette durée fut étendue, par arrêt du Parlementen date du 23 mai 1671, du 20 octobre au 31 mars.
Jusqu’à la seconde moitié du xvn® siècle, comme on levoit, l’éclairage public de Paris constitua une charge fon-cière; mais par un arrêt du Conseil du 28 janvier 1668et un édit de janvier 1704, ce service fut racheté auxprestataires et passa au compte du Trésor public.
Sous l’habile administration de M. de Sartines, lieute-nant général de police, on ouvrit un concours, en vued’établir les conditions à réaliser pour obtenir le meilleuréclairage public. Lavoisier , qui remporta le prix, formula,dans cette circonstance, une loi importante d’après la-quelle l’éclairage des villes doit avoir pour base la mul-tiplicité des foyers de lumière à faible intensité.
En 1774, année où M. de Sartines quitta ses fonctionsde lieutenant général de police, pour prendre le porte-feuille de la marine, la Ville de Paris avait 8,000 lan-ternes, qu’on remplaça ensuite, successivement, par desréverbères, dont le nombre, en 1780, était déjà de 1,200.Les rapports de l’administration centrale du départementde la Seine constatent qu’en l’an V, il existait en ser-vice 4,112 lanternes; chaque bec était payé 6 deniers