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Cette différence est absolument insuffisante pour ladistribution d’une grande ville dont les maisons ont plusde 17 mètres de hauteur. Nous constatons tous les joursque les pertes de charge dans les conduites s’élèvent à lamoitié au moins de cette différence de niveau.
L’eau de l’Ourcq ne monte régulièrement qu’au pre-mier et au second étages, même dans les rues dontl’altitude ne dépasse pas 35 mètres, comme la rue deRivoli .
Cette eau est d’ailleurs beaucoup trop chargée de selsde chaux, surtout de sulfates ; elle est souillée, dans lebassin de la Villette , par les déjections de 1 500 mari-niers. Elle ne convient donc pas au service privé ; elleest, au contraire, très-suffisante pour le service public.L’altitude du bassin de la Villette permet de la répartir-sur les 2/3 de la surface de l’ancien Paris , et, par sonabondance, elle suffit amplement à l’alimentation desfontaines monumentales et au lavage des ruisseaux et deségouts.
Déjà, en 1854, les chefs de l’Administration de Paris ,et notamment le Préfet de la Seine , pensaient qu’on devaitréserver l’eau du canal pour cet usage, et chercher uneautre eau pour le Service privé.
Cependant beaucoup de bons esprits, et notamment leDirecteur du Service municipal, défendaient vivement l’eaude l’Ourcq. Cette eau, suivant eux, valait mieux que saréputation ; elle était, en somme, propre à tous les usa-ges domestiques ; les propriétaires des maisons repoussaientd’ailleurs les distributions d’étages. Outre les frais énor-mes qu’exigerait l’adduction d’une autre eau, la doublecanalisation entraînerait aussi dans de grandes dépenses.Il convenait donc d’affecter l’eau du canal, non-seulementau service public, mais encore au service privé.