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Le Préfet de la Seine était d’un avis absolument opposé,et, lorsqu’en 1854, il résolut de proposer au Conseil muni-cipal la séparation des services, la double canalisationet l’adduction des eaux de source, il était en pleinedissidence d’opinion sur ce point avec le Directeur duservice municipal.
Pour éviter un refus de concours qui paraissait immi-nent, ce magistrat me demanda officieusement, en avril1854, de lui présenter un mémoire sur les sources quipouvaient être conduites à Paris ; j’étais alors Ingénieuren chef de la navigation de la Seine entre Paris et Rouen ,et de plus, chargé du service hydrométrique du bassinde ce.fleuve; le travail que le Préfet me demandait ren-trait donc dans mes attributions.
Dans des conférences préalables, j’avais fait remarquerau Préfet que Paris était entouré d’une lentille de gypsequi gâtait l’eau des sources entre Château-Thierry etMeulan ; il fallait donc s’attendre à aller chercher l’eaunécessaire aux besoins domestiques au-delà de ces limites,c’est-à-dire à de grandes distances. La situation deParis était, sous ce rapport, inférieure à celle de la plu-part des autres grandes villes. Mais, néanmoins, ces mau-vaises conditions ne devaient pas faire reculer l’Adminis-tration : il n’est pas plus permis de marchander à l’ou-vrier l’eau saine et agréable, que l’air pur et le bon pain.
Le Préfet admit parfaitement ces raisons et me donnacarte blanche.
Le 8 juillet 1854, je lui remis un rapport intitulé :Recherches statistiques sur les sources du bassin de la Seine qu’il est possible de conduire à Paris ; il me paraît inutilede l’analyser ici; je me bornerai à dire que le Préfet enadopta les conclusions dans un premier mémoire, en datedu 4 août suivant, et qu’il proposa, dans les termes