higtoire, le prévôt des marchands et les échevins de Parissavaient combien il était difficile de tirer des contréeséloignées les approvisionnements d’une aussi grande ville,surtout pendant les guerres civiles et étrangères. Ils usè-rent donc des privilèges qui leur avaient été octroyésen février 1415, par lettre du roi Charles VI , sur lesrivières qui pouvaient contribuer à alimenter Paris (1).Ces privilèges furent confirmés par François I er . « Le» Roy considérant la grandeur de ladicte ville de Paris ,
» la multitude du peuple résidant et affluant en ycelle» et autres causes à ce mouvant, a permis auxdictz pré-» vost des xïiarchands et eschevins de Paris , de faire» curer, nettoyer et rendre navigables tant lesdictz rus» et rivières de Seyne, Vannes , Morin, Ourcq qu’âûesv (qu’autres) estangs, au-dessus et au-dessous de ladicte» Ville (2) ».
Le Bureau commença par la rivière d’Ourcq , et il y avaitde bonnes raisons pour cela : la forêt de Villers-Cotterets s’étendait le long de l’Ourcq et de son affluent, la Savière.Le fertile duché de Valois était considéré comme un desgreniers de la France .
Le sieur Lelyeux, un des échevins, fut chargé de l’é-valuation des dépenses à faire pour canaliser la rivière,sur une longueur d’environ 35 kilomètres, depuis la villede La Ferté-Milon jusqu’à la Marne . Un devis fut dressé« par des gens de l’art » ; l’estimation montait à 16 000livres-tournois et ce n’était pas cher, car il ne s’agissaitde rien moins que de construire onze petits pertuis, qu’on
(1) Archives nationales: Ordonnances des rois de France de la 3 e race.Yolume X, pages 257 et suivantes.
(2) Archives nationales : Série F. 14 , 684, Liasse. Jugement « de la Cour de
parlement » du 19 août 1528 — Les parties entre guillemets sont copiéestextuellement. •