motivé par écrit. Avant d’arrêter définitivement son opi-nion sur le projet, il voulut visiter les travaux et par-courir le tracé; il fit cette reconnaissance les 17, 18 et19 germinal an XII (7, 8 et 9 avril 1804), accompagnéde MM. de Prony et Liard et de l’ingénieur en chef. MM.de Prony et Liard se rangèrent à l’opinion de Girard surdiverses dispositions qui n’ont point été exécutées, et dontil est inutile de parler ici.
La Chambre de commerce de Paris consultée donna àl’unanimité un avis favorable au projet de Girard.
Jaugeage de l’Ourcq et de ses affluents. — Septembre '1804.
Enfin, pour répondre aux diverses objections des enne-mis du projet, on décida que la rivière d’Ourcq seraitjaugée par une Commission formée de MM. de Prony,Becquey de Beaupré, Bruyère et Kegnard, auxquels furentadjoints Girard et M. Stanislas Léveillé, ingénieur attachéaux travaux. Les avis étaient très-partagés sur le débitmoyen de l’Ourcq et de ses affluents (1). Plusieurs ingénieurs,et notamment M. Liard, réduisaient ce débit à 120 000 mè-tres cubes par 24 heures, Girard l’estimait à 260 000 mè-tres cubes, c’est-à-dire à plus du double (2). Le travailde la Commission était donc indispensable pour éclairerl’Assemblée des Ponts et Chaussées.
Les opérations eurent lieu dans la véritable saison desbasses eaux, mais l’année 1804 fut humide. Les résultatsobtenus n’ont donc pas une grande valeur. Du 21 au 26
(1) J’ai eu souvent occasion de dire que lorsqu’il s'agit de l'alimentationd’une ville et même d’un canal, ce n'est pas la portée moyenne, mais laportée minimum de la source ou de la rivière qu'il faut constater.
(2) Les opérations de Girard étaient très-coptestables. Les jaugeages avaientété faits en février et en juin 1804 : tous les ingénieurs savent qu’à cesdeux époques de l’année les rivières alimentées par des sources ne descen-dent jamais à leur plus basse portée et rarement à leur portée moyenne; deplus, l’année 1804 a été très-humide.