— 542 —
Une discussion très-vive s’engagea sur le mode dedérivation de l’Ourcq . M. Cretet rappela son rapportdans lequel il résumait l’avis de la Commission de l’As-semblée des Ponts et Chaussées : pour procurer à Paris des eaux aussi salubres que possible, la dérivation seraitfaite au moyen d’un aqueduc maçonné, partant du biefsupérieur de Mareuil, et on y introduirait seulement unvolume d’eau égal à la portée de l’Ourcq en temps debasses eaux. •
Girard défendit énergiquement son projet : il fallait,en toute saison, conduire à Paris la totalité des eaux del’Ourcq ; on ne pouvait songer à faire cette dérivation aumoyen d’un aqueduc qui aurait été très-coûteux et dontl’achèvement aurait pris trop de temps. Un canal étaitseul possible. De Prony se rangea à l’avis de Girard, maisil demanda que les parois du canal fussent revêtues demaçonneries. Becquey combattit vivement le projet deGirard ; suivant lui, on devait s’en tenir à la dérivationde la Beuvronne.
Après avoir laissé chacun exprimer son opinion, l’Em-pereur prit la parole vers deux heures du matin. Loin detrouver que l’Ourcq fût trop abondante pour les besoinsde Paris, il regrettait qu’on ne pût introduire la Marne tout entière dans le canal.
« Paris, ajouta-t-il, est la capitale de l’Europe : ce nesont pas des embellissements ordinaires qui la rendrontdigne de ce rang et de notre époque. Il faut que ses reve-nus soient enfin utilement employés et qu’on puisse yarriver par eau de tous les côtés. On ne bâtira jamais demagasins sur le quai du Louvre ; le commerce de laSeine doit être porté dans d’autres quartiers. Quand onaura rendu le canal de l’Ourcq navigable, on le prolon-gera jusqu’à celui de Saint-Quentin , qui sera achevé dans