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sur le plateau, entre le sol et le dessous du radier, de38 à 54 mètres. Une fois cette difficulté vaincue, lestravaux ont marché régulièrement et le souterrain a étéouvert en pleines marnes vertes jusqu’à quelques centsmètres de la tête d’aval ; mais là, on a été arrêté assezlongtemps par une forte inflexion du sol. De même quedans la plupart des souterrains que j’ai ouverts dans lebassin de la Seine, le terrain a été fortement excavé parle courant diluvien. Comme ce terrain se trouve à l’avald’un tournant, le courant n’a pas eu la force d’enleverles roches ébranlées qui se sont effondrées ; l’extrémitéd’aval du souterrain s’est donc trouvée dans la napped’eau même des marnes vertes et les détritus de l’effon-drement. Tous les ingénieurs, qui ont exécuté des travauxde ce genre, savent combien un souterrain est difficiledans de telles conditions. La tranchée qui fait suite ausouterrain a été ouverte au milieu des mêmes difficultéset il a fallu de grands travaux de drainage pour conso-lider l’aqueduc.
Le souterrain de Mont-Ménard débouche, dans la valléedu Petit-Morin, en face du village de Jouarre; il a sup-primé un très-grand développement qu’on aurait dûdonner à l’aqueduc pour contourner, entre les vallées de laMarne et du Petit-Morin, les deux caps de Luzancy et deFtcuil. Ce développement aurait été de près de sept kilo-mètres ; le souterrain ayant 1 942 mètres, le tracé del’aqueduc a été diminué de 5 kilomètres; on a, de plus,évité les indemnités qu’on aurait dû payer pour entrerdans les grandes carrières de pierre à meules deLa Ferté-sous-Jouarre* et les difficultés énormes qu’au-rait présentées la traversée de ces terrains bouleversés.
A la suite du souterrain de Mont-Ménard, l’aqueducfranchit la vallée du Petit-Morin par un grand siphon