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chaque demi-tour, par suite de l’inclinaison du cylindre,une translation d’un fond vers l’autre.
L’expérience prouve qu’en une trentaine de tours, cemouvement complexe donne un mélange parfait.
En pratique, on accole sur un même chariot deuxcylindres destinés à fonctionner alternativement, et l’onrègle le nombre des ouvriers de telle façon que le tempsnécessaire pour charger l’un des cylindres soit égal autemps pendant lequel l’autre tourne ; on a ainsi une fabri-cation continue.
Un autre chariot attelé au premier porte la locomobilequi actionne la bétonnière. Quand un tronçon est coulé,la locomobile, au moyen d’un engrenage calé sur l’essieude son chariot et commandé par une chaîne Gall, setransforme en remorqueur et fait avancer tout le système.
L’appareil exposé peut faire ainsi de toutes pièces dixmètres cubes de béton à l’heure, avec moins de dépenseet dans de meilleures conditions que les procédés usuels,qui exigent la fabrication préalable du mortier.
La conduite maîtresse exécutée par ce moyen s’est trèsbien comportée. Les conduites en béton ne sont d’ailleurséconomiques que pour les pressions modérées, et ne con-viennent qu’à la distribution des eaux à températurepeu variable ; elles ne sont donc avantageuses que dansdes circonstances très déterminées, mais l’appareil qui aservi à construire celle de la Vanne est susceptible d’ap-plication dans tous les travaux qui exigent l’emploi dubéton.
Cet appareil a été imaginé par M. Couche, alors Ingé-nieur ordinaire, et construit, d’après ses indications, surles dessins de M. Huillier, conducteur.