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dans le souterrain de la Fontenotte, et, çà et là, dans lesouterrain du Tertre-Doux.
Les terrains tertiaires, que le tracé rencontre jusqu’àParis, sont à niveau décroissant. L’aqueduc les traversedonc successivement en commençant par les plus anciens,c’est-à-dire par les terrains éocènes. Contrairement à cequi a lieu dans la plus grande partie du bassin de la Seine,ces terrains appartiennent entièrement à des formationsd’eau douce. L’aqueduc passed’abord, en souterrain, dansun mamelon de sable d’eau douce, connu dans le payssous le nom de Tertre-Doux, puis il entre dans l’argile plas-tique, composée d’une seule couche de glaise panachéede gris, de violet et de rouge, véritable terrain éruptifanalogue à ceux que vomissent, encore de nos jours, lesgeysers d’Islande ; au-dessus de la glaise s’élève unemasse puissante de calcaire d’eau douce d’une grandedureté. Les souterrains de Rudignon, de Noisy-le-Sec, deVille-Saint-Jacques, sont ouverts, partie dans l’argile,partie dans le calcaire, quelquefois dans les deux à lafois. Ils ont donné lieu à de grandes difficultés d’exécu-tion. L’extraction du calcaire d’eau douce, dans le sou-terrain de Ville-Saint-Jacques, a coûté 32 francs parmètre cube.
C’est surtout à partir de ce souterrain que se déve-loppe un terrain de transport très-important : le limondiluvien à deux couches, dans lequel la tranchée de l’a-queduc est ouverte sur une grande longueur. Ce limonne se trouve que sur les plateaux dépourvus de pente.Vers la fin de l’invasion des eaux diluviennes, qui ontcreusé les vallées du bassin de la Seine, cette masse deboue liquide a perdu peu à peu sa vitesse, et lorsquecette vitesse n’a plus été assez grande pour tenir en sus-pension les parties grossières du limon, il s’est formé