instantanément un premier dépôt, composé entièrementde limon grossier; au-dessus de ce dépôt, s’est abaisséplus lentement un nuage de limon fin qui forme laseconde couche. Ce terrain de transport s’étend sur lesplateaux sans pente qui occupent une très-grande partiedu bassin de la Seine, de la Picardie et de la Flandre.Il est la source de la richesse des cultures de laBrie, de la Beauce, du Vexin, de la Normandie, etc.Çà et là, il descend sur les pentes, entraîné par lespluies. Il a été étalé par les débordements des coursd’eau sur le fond des vallées qu’il a fertilisées.
Ce terrain, lorsqu’il est intact, c’est-à-dire lorsqu’il estcomposé de deux couches, ne renferme jamais de débrisorganiques ; mais, lorsqu’il a été remanié par les eaux,on y rencontre des fossiles et notamment des ossementsde mammifères de l’époque quaternaire. On a fait dansles tranchées de l’aqueduc d’intéressantes découvertes dece genre.
Entre l’extrémité du souterrain de Ville-Saint-Jacqueset la tête du siphon du Loing, l’aqueduc a été construitdans le limon des plateaux à deux couches et sans dif-ficultés sérieuses. Ce limon, véritable terre franche, n’estni glissant comme l’argile, ni ébouleux comme le sable.Sur une longueur de quelques mètres, on a trouvé,dans la tranchée, de nombreux bois de rennes encoreadhérents aux ossements de la tête. Plusieurs de cesbois étaient entiers ; mais ils étaient tellement fria-bles qu’on n’a pu conserver que la base du boisjusqu’au-dessus du premier andouiller. MM. les In-génieurs Buffet et Lesguillier, avec lesquels M. le Direc-teur Belgrand a visité cette curieuse fouille, ont reconnuscomme lui, que le limon était formé d’une seule couchetrès-peu homogène, analogue aux alluvions des bord,