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quelques bibliothèques ou plutôt sociétés de lecture quiexistaient en dehors des établissements officiels, entretenuspar les villes et par l’État, étaient* presque exclusivementdes œuvres de sociétés religieuses fondées dans un intérêtde propagande et de prosélytisme, tantôt au profit descatholiques, tantôt au profit des protestants, comme parexemple les sociétés bibliques.
L’association polytechnique, à Paris, avait essayé, vingtans auparavant, d’établir des bibliothèques gratuitesfondées par ses membres et ouvertes aux élèves de sescours ; telle fut, par exemple, celle de la Halle aux draps,détruite plus tard par un incendie.
En 1861, des ouvriers élèves des associations poly-technique et philotechnique, et quelques professeurs deces associations, sous l’impulsion d’un ouvrier imprimeurnommé Girard, imaginèrent de fonder une bibliothèquebasée sur le principe de l’association et de faire vivrel’œuvre par les seules cotisations de ses sociétaires ; ilsétablirent de plus, et c’est en cela surtout que consistela nouveauté et la hardiesse de cette création, que leslivres pourraient être prêtés aux sociétaires et emportés àdomicile pour pouvoir être lus dans la famille.
La • société fondée, en 1861, par quelques personnes,notamment MM. Girard, Delamarche et Harant, qui enfont encore partie, eut d’abord son siège à l’Ecole Turgot, etbientôt à l’Ecole centrale, où elle prospéra avec une éton-nante rapidité ; la forme des statuts qu’elle avait adoptésse répandit dans Paris, en province et même dans toutesles villes de l’étranger; en Angleterre, en Suisse, enAllemagne, en Hollande, en Belgique, et jusque dans lesÉtats-Unis d’Amérique ; les documents publiés à l’occasionde l’exposition universelle de 1867, ont attesté que c’étaitla France qui avait eu la priorité, et que toutes les