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XVII. Jalnhundert.
Fables choisies.
Le Corbeau et le Renard.
Maitre Corbeau, sur un arbre perclie,
Tenait en son bec un fromage:
Maitre Renard, par l’odeur alleche,
Lui tint ä peu pres ce langage:
Hü bon jour, Monsieur du Corbeau!
Que vous etes joli! Que vous me semblez beau!
. Sans mentir, si votre ramage
Se rapporto a votre plumage,
Yous etes le Phenix des liötes de ces bois.
A ces mots, le Corbeau ne se sent pas de joie:
Et, pour inontrer sa belle voix,
II ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit: Mon bon Monsieur,Apprenez que tout flatteurVit aux depens de celui qui l’ecoutc:
Cette le$on vaut bien uu fromage saus doute.
Le Corbeau honteux et confusJura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
La Grenouille qtti se veut faire aussi grosso que le Boeuf.
Une Grenouille vit un BoeufQui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’etait pas grosse en tout comtne un oeuf,
Envieuse s’etend, et s’enfie, et se travaille,
Pour egaler l’animal en grosseur,
Disant: Regardez bien, ma soeur,
Est-ce assez? Dites-moi, n’y suis-je point encore? —Nenni.-M’y voici donc?-Point du tout.-M’y voilä?-Vous n en approchez point. La clietive pecoreS’enlla si bien qu’elle ereva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:Tout bourgeois veut bätir comme les grands seigneurs;Tout petit prince a des ambassadeurs;
Tout marquis veut avoir des pages.
La Mort et le Büeheron.
Un pauvre büeheron tout couvert de ramee,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans,
Gemissant et courbe, marchait ä pas pesants,