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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Moliere.

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U. Jai remarque une chose de ces messieurs-; cest que ceuxqui parlcnt le plus des regles, et qui les savent mieux que les autres,font des comedies que personne ne troüve belles.

D. Et cest ce qui marque, madame, comme on doit sarreterpeu a leurs disputes embarrassees. Car enfin, si les pieces qui sontselon les regles ne plaisent pas, et que celles qui plaisent ne soientpas selon les regles, il faudrait, de necessite, que les regles eussent etemal faites. Moquons-nous donc de cette cliicane oii ils veulent assu-jettir le gout du public, et ne consultons dans une comedie que leffetquelle fait sur nous. Laissons-nous aller de bonne foi aux choses quinous prennent par les entraiües, et ne cherchons point de raisonne-ments pour nous empecher davoir du plaisir.

U. Pour moi, quand je vois une comedie, je regarde seulementsi les choses me touchent; et, lorsque je my suis bien divertie, je nevais point demander si jai eu tort, et si les regles dAristote medefendaient de rire.

D. Cest justement comme un homme qui aurait trouve unesauce excellente, et qui voudrait examiner si eile est bonne, sur lespreceptes du Cuisinier frangais.

U. II est vrai; et jadmire les raffinements de certaines gens surdes choses que nous devons sentir nous-memes.

D. Vous avez raison, madame, de les trouver etranges, tous cesraffinements mysterieux. Car enfin, sils ont lieu, nous voilä reduitsä ne nous plus croire, nos propres sens seront esclaves en touteschoses; et, jusquau manger et au boire, nous noserons plus trouverrien de bon sans le conge de messieurs les experts.

L. Enfin, monsieur, toute votre raison, cest que lEcole desFemmes a plu; et vous ne vous souciez point quelle ne soit pas dansles regles, pourvu ....

D. Tont beau, monsieur Lysidas; je ne vous accorde pas cela.Je dis bien que le grand art est de plaire, et que, cette comedie ayantplu ä ceux pour qui eile est faite, je trouve que cest assez pour eile,et quelle doit peu se soucier du reste. Mais, avec cela, je soutiensquelle ne peche contre aucune des regles dont vous parlez: je les ailues, Dieu merci, autant quun autre; et je ferais voir aisement quepeut-etre navons-nous point de piece au tlieätre plus reguliere quecelle-Ia.

E. Courage, monsieur Lysidas! nous sommes perdns si vous reculez.

L. Quoi! monsieur, la protase, lepitase, et la peripetie .. .

D. Ah! monsieur Lysidas, vous nous assommez avec vos grandsmots. Ne paraissez point si savant, de grace; humanisez votre dis-cours, et parlez pour etre entendu. Pensez-vous quun nom grec donneplus de poids ä vos raisons? Et ne trouveriez-vous pas quil füt aussibeau de dire lexposition du sujet, que la protase; le noeud, que lepi-tase; et le denouement, que la p6rip£tie?

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