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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Frau von S6vigne.

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bien des gens; on ne se passe point de vous: ma vie est employee äparier de vous; ceux qui mecoutent le mieux sont ceux que je cherchele plus. iSallez point craindre que je sois ridieule; ear, outre que lesujet ne Test pas, cest que je connais parfaitement bien et les gens etle lieu, et ce quil faut dire et ce quil faut taire. Je dis un peu debien de moi en passant, jen demande pardon au Bourdaloue et auMascaron: jentends tous les matins ou lun ou lautre; un demi-quartdes merveilles quils disent devrait faire une sainte.

Je vous avoue de bonne foi, ma petite, que je ne puis du toutmaccoutumer ä vous savoir ä deux cents lieues de moi; je suis plustouch^e que je ne letais lorsque vous etiez en chemin, je repleure surnouveaux frais, je ne vois goutte dans votre coeur, je me representecent choses desagr^ables que je ne puis dire, je ne vois pas meme ceque pense M. de Grignan; et tout est brouille, je ne sais comment, dansma tete. Je vous vois accablee dhonneurs, et dhonneurs qui tiennentfort au nom que vous portez: rien nest plus grand ni plus considere;nulle famille ne peut etre plus aimable: vous y etes adoree, ä ce queje crois, car le coadjuteur ne mecrit plus; mais jignore comment vousvous portez dans tout ce tracas; cest une sorte de vie etrange quecelle des provinces; on fait des affaires de tout. Je mimagine que vousfaites des merveilles, et je voudrais bien savoir ce que ces merveillesvous coütent, soit pour vous plaindre, soit pour ne vous plaindre pas..

Je reijois votre lettre, ma chere enfant, et jy fais reponse avecprecipitation parce quil' est tard: cela me fait approuver les avancesde provision. Je vois bien que tout ce quon ma dit de vos aventuresä votre arrivee nest pas vrai; jen suis tres aise; ces sortes de petitsproces dans les villes de province, lon na rien autre chose dans latete, font une eternitd declaircissements, et cest assez pour mourirdennui. Mais vous etes bien plaisante, madame la comtesse, demontrer mes lettres: ou est donc ce principe de cachotterie pour ce quevous aimez? Vous souvient-il avec quelle peine nous attrapions lesdates de celles de M. de Grignan? Vous pensez mapaiser par voslouanges, et me traiter toujours comme la Gazette de Hollande; jemen vengerai. Vous cachez les tendresses que je vous mande, friponne; et moi je montre quelquefois, et ä certaines gens, celles quevous mecrivez. Je ije veux pas quon croie que jai pense mourir, etque je pleure tous les jours, pour qui? pour une ingrate. Je veux quonvoie que vous maimez, et que, si vous avez mon coeur tout entier, jaiune place dans le votre. Je ferai tous vos compliments. Chacun medemande: Ne suis-je point nomme? Et je dis: Non, pas encore, maisvous le serez. Par exemple, nommez-moi un peu M. dOrmesson, etles Mesmes; il y a presse a votre Souvenir; ce que vous envoyez iciest tout aussitöt enleve: ils ont raison, ma fille, vous etes aimable, etrien nest comme vous. Voila, du moins, ce que vous cacherez, car,depuis Niobö, jamais une mere na parle comme je fais. Pour M. de