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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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dans son enfance. Aussi vers les premiers jours de son regne, ä lägede vingt-deux ans, le dnc congut un dessein les vieillards experi-mentes ne purent atteindre; mais la victoive le justifia devant Rocroi.Larmee ennemie est plus forte, il est vrai; eile est composee de cesvieilles bandes wallones, italiennes et espagnoles, quon navait purompre jusqualors; mais pour combien fallait-il compter le couragequinspirait ä nos troupes le besoin pressant de letat, les avantagespasses et un jeune prince du sang qui portait la victoire dans ses yeux?Don Francisco de Mellos lattend de pied ferme; et, sans pouvoirreculer, les deux generaux et les deux armees semblaient avoir vouluse renfermer dans les bois et dans les marais, pour decider leur quereile,comme deux braves en champ clos. Alors que ne vit-on pas? Le jeuneprince parat un autre homme: touchee dun si digne objet, sa grandeame se declara tout entiere; son courage croissait avec les perils, etses lumieres avec son ardeur. A la nuit quil fallut passer en presencedes ennemis, comme un vigilant capitaine, il reposa le dernier, maisjamais il ne reposa plus paisiblement. A la veille dun si grand jour etdes la premiere bataille il est tranquille, tant il se trouve dans sonnaturel; et on sait que le lendemain a lheure marquee il fallut reveillerdun profond sommeil cet autre Alexandre. Le voyez-vous comme ilvole, ou a la victoire, ou a la mort? Aussitot quil eut porte de rangen rang lardeur dont il etait anime, on le vit presque en meme tempspousser laile droite des ennemis, soutenir la nötre ebranlee, rallier leFrangais k demi vaincu, mettre en fuite lEspagnol victorieux, porterpartout la terreur, et etonner de ses regards etincelants ceux quiechappaient k ses coups. Restait cette redoutable infanterie de larmeedEspagne, dont les gros bataillons serres, semblables ä autant detours, mais k des tours qui sauraient reparer leurs breches, demeuraientinebranlables au milieu de tout le reste en deroute, et langaient desfeux de toutes parts. Trois fois le jeune vainqueur sefforga de rompreces intrepides combattants, trois fois il fut repousse par le valeureuxcomte de Fontaines, quon voyait porte dans sa chaise, et, malgre sesinfirmites, montrer quune ame guerriere est maitresse du corps quelleanime; mais enfin il faut ceder. Cest en vain quä travers des bois,avec sa cavalerie toute fraiche, Beck precipite sa marche pour tombersur nos soldats epuises; le prince la prevenu, les bataillons enfoncesdemandent quartier: mais la victoire va devenir plus terrible pour leduc dEnghien que le combat. Pendant quavec un air assure il savancepour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci, toujours en garde,craignent la surprise de quelque nonvelle attaque; leur effroyable de-charge met les nötres en furie; on ne voit plus que carnage; le sangenivre le soldat, jusqua ce que le grand prince, qui ne put voir egorgerces lions comme de timides brebis, calma les courages emus, et joignitau plaisir de vaincre celui de pardonner. Quel fut alors letonnementde ces vieilles troupes et de leurs braves officiers, lorsquils virent quil

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