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XVII. Jahrhundert.
succession vacante; et apres avoir ete longtemps la proie du plus fort,il passa enfin a une autre famille. Ainsi ce grand conquerant, le plusrenomme et le plus illustre qui fut jamais, a ete le dernier roi de saraee. S’il fut demeure paisible dans la Macedoiue, la grandeur de sonempire n’aurait pas tente ses capitaines, et il eüt pu laisser a ses en-fants le royaume de ses peres; mais parcequ’il avait ete trop puissant,il fut cause de la perte de tous les siens: et voilä le fruit glorieux detant de conquetes.
Sa mort fut la seule cause de cette grande revolution: car il fautdire ä sa gloire que si jamais homme a ete capable de soutenir un sivaste empire, quoique nouvellement conquis, §’a ete saus doute Ale-xandre, puisqu’il n’avait pas moins d’esprit que de courage.
Bataille de Rocroi.
Dieu nous a revele que lui seul fait les conquerants, et que seulil les fait servir ä ses desseins. Quel autre a fait un Cyrus, si ce n’estDieu qui l’avait nomine deux cents ans avant sa naissance dans lesoracles d’Isa'ie? „Tu n’es pas encore, lui disait-il, mais je te vois, etje t’ai nomme par ton nom: tu t’appelleras Cyrus. Je marcherai devanttoi dans les combats; a ton approche je mettrai les rois en fuite; jebriserai les portes d’airain. C’est moi qui etends les cieux, qui soutiensla terre, qui nomme ce qui n’est pas comme ce qui est; w c’est a direc’est moi qui fais tout et moi qui vois, des l’eternite, tout ce que jefais. Quel autre a pu former un Alexandre, si ce n’est ce meme Dieuqui en a fait voir de si loin et par des figures si vives l’ardeur in-domptable a son prophete Daniel? „Le voyez-vous, dit-il, ce con-querant: avec quelle rapidite il s’eleve de l’occident comme par bonds,et ne touche pas a terre?“ Semblable, dans ses sauts hardis et danssa legere demarche, ä ces animaux vigoureux et bondissants, il nes’avance que par vivfes et impetueuses saillies, et n’est arrete ni parmontagnes ni par precipices. Dejä le roi de Perse est entre sesmains; „ä sa vue il s’es^,anim6, dit le prophete; il l’abat, il le fouleaux pieds: nul ne le peut defendre des coups qu’il lui porte, ni luiarracher sa proie.“ A n’entendre que ces paroles de Daniel, qui croi-riez-vous voir, messieurs, sous cette figure, Alexandre ou le prince deConde? Dieu donc lui avait donne cette indomptable valeur pour lesalut de la France durant la minorite d’un roi de quatre ans. Laissez-le croitre, ce roi cheri du ciel, tout cedera a ses exploits: superieuraux siens comme aux ennemis, il saura tantöt se servir, tantot sepasser de ses plus fameux capitaines; et seul, sous la main de Dieu,qui se.ra continuellement a son secours, on le verra l’assure rempart deses 4tats. Mais Dieu avait choisi le duc d’Enghien pour le defendre