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XVII. Jahrhundert.
J’ai vu, n’en doutez point, ses larmes se rbpandre.
Faut-il le condanmer avant que de l’entendre ?
Helas! de tant d’horreurs son coeur dejä troubleDoit-il de votre haine etre encore accable?
Achille.
Quoi, madame! parmi tant de sujets de crainte,
Ce sont la les frayeurs dont vous etes atteinte!
Un cruel (comment puis-je autrement l’appeler?)
Par Ia main de Calchas s’en va vous immoler;
Et lorsqu’ä sa fureur j’oppose ma tendresse,
Le soin de son repos est le seul qui vous presse!
On me ferme la bouche! on l’excuse! on le plaint!
C’est pour lui que l’on tremble; et c’est moi que l’on craint!Triste effet de mes soins! est-ce donc la, madame,
Tout le progres qu’Achille avait fait dans votre ame?Iphigenie.
Ah cruel! cet amour, dont vous voulez douter,
Ai-je attendu si tard pour le faire eclater?
Yous voyez de quel oeil, et comme indifferenteJ’ai re$u de ma mort la nouvelle sanglante:
Je n’en ai point päli. Que n’avez-vous pu voirA quel exces tantöt allait mon desespoir,
Quand, presque en arrivant, un recit peu AdeleM’a de votre inconstance annonce la nouvelle!
Quel trouble, quel torrent de mots injurieuxAccusait ä la fois les hommes et les dieux!
Ah! que vous auriez vu, sans que je vous le die , 1De combien votre amour m’est plus eher que ma vie!
Qui sait meme, qui sait si le ciel irriteA pu souffrir l’exces de ma felicite?
H^las! il me semblait qu’une flamme si belleM’elevait au-dessus du sort d’une mortelle!
Achille.
Ah! si je vous suis eher, ma princesse, vivez.
Scene VII.
Clytemnestre, Iphigenie, Achille.
Clytemnestre.
Tout est perdu, seigneur, si vous ne nous sauvez.Agamemnon m’evite, et, craignant mon visage,
II me fait de l'autel refuser le passage:
1 dise.